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Publié le 18 Mai 2011

 

Bel article dans télérama du 21 au 27 mai, consacré à la catastrophe annoncée :

 

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Rédigé par College Camus Dreux

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<br /> <br /> LA SUITE !!<br /> <br /> <br /> On échange sourires et informations faméliques<br /> <br /> <br /> Je parviens à demander au gars de Pôle emploi où se trouve la queue : à gauche ou à droite ? Il me fait un moulinet du bras et me répond :<br /> <br /> <br /> <br /> « C'est égal, des deux côtés et au milieu, dans la masse quoi. »<br /> <br /> <br /> <br /> Les gens ne défendent pas leur place, ne râlent pas, ne resquillent pas, n'exigent pas, ce qui est inouï à Paris. On échange sourires et informations faméliques. Je décide de rentrer déjeuner<br /> chez moi, car je me vois mal attendre au moins deux heures debout devant cette porte, dans cette « masse » dans un vent à décorner les bœufs que nous sommes devenus.<br /> <br /> <br /> Jeudi, 14h10. Je reviens sur les lieux. Cette fois, une quarantaine de personnes seulement attendent devant l'entrée. Un, puis deux agents, un gars et une fille, continuent à<br /> parler sans micro et distribuer des feuilles et des petits mots.<br /> <br /> <br /> A force de jouer doucement des coudes et de l'oreille, l'on finit par comprendre que face à l'afflux incroyable de candidats, il y a pléthore de dossiers et plus aucune possibilité aujourd'hui<br /> d'entretien, à part pour certaines disciplines.<br /> <br /> <br /> On finit par nous tendre un vague formulaire à remplir<br /> <br /> <br /> Nous finissons par apprendre, à l'arrache, que toutes les disciplines ou presque sont chargées jusqu'à la gueule, à part professeur d'espagnol. Deux ou trois hispanisants passent le barrage pour<br /> aller à l'entretien.<br /> <br /> <br /> L'agent fille nous donne des feuilles volantes. C'est quoi ? On ne parvient pas à le savoir. Nous finissons par comprendre que nous pouvons déposer nos dossiers dans ses blanches mains,<br /> assortis de la feuille remplie. Et sur cette feuille, qu'est-ce qu'il y a ? Rien ou presque. Juste une ligne pour mettre notre nom, mais pas notre adresse !<br /> <br /> <br /> Plus bas, cocher si l'on a pu ou non assister à la réunion et passer un entretien, et puis un espace de six lignes pour coucher nos « observations » (morte de rire ! ).<br /> <br /> <br /> L'agent mâle distribue de minuscules papiers avec une adresse e-mail. Il est en rupture de stock. Je parviens à recopier un courriel du rectorat de Paris, sur ma voisine qui a décroché ce petit<br /> sésame. Elle croit avoir compris que l'on peut faire acte de candidature online à cette adresse.<br /> <br /> <br /> « Nous avons été débordés par l'afflux de candidats »<br /> <br /> <br /> Je donne à l'agent fille mon dossier avec la feuille, où j'ai inscrit mon nom et coché « non » aux deux cases, avant de vider les lieux en disant tout de même à l'agent garçon que je ne<br /> comprends pas pourquoi l'on fait ce recrutement organisé n'importe comment et à la dernière minute, et en une journée, alors qu'il existe déjà un organe sur internet, qui s'appelle le Siaten pour<br /> recruter des vacataires ?<br /> <br /> <br /> Le gars me répond : « Oh, vous savez le Siaten, cela ne sert pas vraiment… C'est un peu… »<br /> <br /> <br /> Un peu quoi ? Mort ? Voilà l'explication à mes inscriptions répétées et qui n'ont donné aucun résultats. A quoi sert le Siaten alors ?<br /> <br /> <br /> Comment finaliser ce non-recrutement ? Qui sera choisi et sur quels critères ? Ceux de la première heure, dont je n'étais pas pour cause de dentiste matinal ? Ou bien le choix<br /> reposera-t-il sur la pertinence d'un dossier laissé à « quelqu'un » et par un email inconnu ?<br /> <br /> <br /> L'agent fille me dit en finissant de se remplir les mains de nos futures vies de chair à ados : « Nous avons été débordés par l'afflux de candidats » (re-morte de rire ! )<br /> Comme si faire une seule journée de recrutement pour tout le rectorat de Paris allait faire venir deux touristes !<br /> <br /> <br /> Le mammouth est bien rasé, mais il peut encore sursauter<br /> <br /> <br /> La masse formée de jeunes diplômés (bac +5, +6, +10) et de seniors dotés de doctorat pour certains, et de cinq, dix, vingt ans d'expérience pour la plupart, à ce que j'en écoute et questionne, se<br /> dissipe lentement, sans râler.<br /> <br /> <br /> Je rentre. Le mammouth est bien rasé, mais il pourrait bien nous surprendre par un antépénultième sursaut avant la saignée.<br /> <br /> <br /> Avec l'aide des parents exaspérés par le manque de personnel, les grèves récurrentes de la crèche au lycée qui nuisent gravement à la santé et l'éducation de leurs enfants, à leur propre quiétude<br /> de salarié, et le délire des boîtes privées qui se permettent pour cause d'afflux de n'enseigner qu'aux meilleurs élèves et aux plus sages et de virer tous les autres.<br /> <br /> <br /> La rentrée 2011 et le vent d'automne qui fera claquer les étendards sanglants du mammouth seront chauds !<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Vu sur Rue89 -<br /> <br /> <br /> <br />
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<br /> <br /> Témoignage<br /> <br /> <br /> Ma journée dans le grand marché aux profs de Pôle emploi<br /> <br /> <br /> Par Catherine Paris | journaliste, écrivain | 27/05/2011 | 19H22<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Récit édifiant d'une participante à la journée organisée avec l'Education nationale pour le recrutement d'enseignants remplaçants.<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> Etiez-vous aux soldes de l'Education nationale ? Moi si ! Comment, vous ne savez pas ? Le ministère a organisé des soldes de profs remplaçants. Enfin, soyons précis, pas des soldes, plutôt un grand dépôt-vente<br /> de matériels expérimentaux non testés, et d'autres qui ont un peu, beaucoup servi à d'autres usages : nous, les aspirants au professorat vacataire et non-titulaire.<br /> <br /> <br /> Un « X Factor » de gens de toutes sortes, ayant le niveau licence a minima, mais n'ayant jamais eu ni même préparé le capes et encore moins l'agrégation, ces concours donnant droit à<br /> l'intégration dans le grand mammouth laineux.<br /> <br /> <br /> Par mammouth laineux, je veux dire ce truc ingérable, de gauche et ultra-syndiqué, défini par toutes les droites de France depuis mai 1968, sous le nom toujours prononcé avec morgue de<br /> « pédagos ». Alors pourquoi sommes-nous là ?<br /> <br /> <br /> On l'a dit, notre gouvernement, par la voix de son ministre Luc Chatel, veut, dans toute la France et de la maternelle au lycée…<br /> <br /> <br /> mieux encadrer les enfants,<br /> <br /> être plus près des élèves en souffrance,<br /> <br /> être plus juste avec tous dans un monde de plus en plus injuste,<br /> <br /> liquider des centaines de classes et de postes d'enseignants titulaires, formés, homologués (plus ou moins) soutenus par les IUFM, leurs pairs et syndicats.<br /> <br /> <br /> <br /> Le paradoxe est tragicomique. Le vrai but de ce recrutement est de raser le mammouth de l'Education nationale jusqu'au sang, en raréfiant les « vrais » profs qui coûtent chers et<br /> ouvrent beaucoup trop leur gueule, et d'amener à l'éducation des simili-profs (pas forcément pires et même parfois meilleurs que les titulaires, car ceux-là auront au moins l'expérience du monde<br /> du travail dans le privé, de l'échec, du chômage et du combat) payés une misère, corvéables à merci, et fantomatiques au niveau d'une pseudo représentation syndicale.<br /> <br /> <br /> Que du bonheur !<br /> <br /> <br /> La foire aux vacataires pour combler les brèches du système<br /> <br /> <br /> Mardi, 7h05. Je chope l'info sur l'antenne d'une radio nationale : l'Education nationale, en partenariat avec Pôle emploi (étrange couple formé pour la circonstance)<br /> organise une (une seule ! ) journée de recrutement de professeurs vacataires.<br /> <br /> <br /> L'objectif ? Faire face au flot d'enfants à éduquer à la rentrée, et au manque de professeurs non recrutés, ou apeurés et démissionnaires, par les classes de plus en plus difficiles surtout<br /> lorsque l'on est mal formés en l'absence d'IUFM.<br /> <br /> <br /> Je suis contre ce recrutement, il est immonde. Il est contraire à toutes mes valeurs, contraire à l'engagement du syndicat de parents pour lequel je me suis engagée, la FCPE.<br /> <br /> <br /> Oui, mais… Journaliste pigiste depuis vingt-cinq ans, écrivain publiée mais pas encore reconnue, mère sur le tard d'une enfant que j'élève en solo, j'ai bien du mal à retrouver des piges, des<br /> contrats d'édition dans mon contexte personnel et celui du tiercé contre l'emploi qui sévit partout : plans de licenciements à gogo ; emploi systématique de kyrielles de stagiaires<br /> hyper compétents, hyper disponibles et impliqués, mal ou pas payés du tout ; protectionnisme fielleux des personnels seniors en place.<br /> <br /> <br /> Pour le capes, pourquoi pas un oral avant l'épreuve écrite ?<br /> <br /> <br /> Ma litanie interne « Et si je devenais prof ? » n'est pas nouvelle. J'ai déjà raté le capes, faute de préparation dans un IUFM justement. A l'écrit, j'ai passé des épreuves pour<br /> juger de ma capacité à enseigner qui m'ont semblé ineptes – il faudrait, à mon sens, recruter d'abord sur diplômes, dossier et oraux, aux fins de vérifier la motivation et les capacités à se<br /> faire entendre et transmettre à un groupe d'un aspirant professeur, avant de passer les écrits.<br /> <br /> <br /> Et j'ai fait valider mon inscription sur le site du Système d'information des agents temporaires de l'Education Nationale (Siaten), l'organe online du mammouth, dédié justement au recrutement de vacataires. Je m'étonne bien un peu de n'avoir jamais été contactée, avec mes diplômes et états de services,<br /> surtout que j'ai un numéro d'enregistrement et que j'accepte même de travailler en ZEP.<br /> <br /> <br /> Sitôt mon café avalé et ma gosse à l'école, je me rends sur site de Pôle emploi : le recrutement est prévu dans deux jours et je veux bien sûr en connaître les modalités.<br /> <br /> <br /> Je m'étonne d'avoir tant de mal à trouver l'info dans ces pages ou ou en tapant dans les moteurs de recherche et ensuite en tapant toutes les associations possibles entre Pôle Emploi, Education<br /> Nationale, professeurs vacataires et recrutement, sur un moteur de recherche.<br /> <br /> <br /> La foule se presse devant le centre, c'est le bordel calme<br /> <br /> <br /> Je finis par trouver la page de Pôle emploi où le directeur des ressources humaines de<br /> l'académie de Paris, Benoît Verschaeve, moustache en avant et regard bleu un peu<br /> perdu, explique face à une caméra mal positionnée comment se déroulera le recrutement.<br /> <br /> <br /> Je finis par trouver ce qu'il faut apporter : original et copie de son diplôme le plus élevé, lettre de motivation, CV et… c'est tout.<br /> <br /> <br /> Jeudi 11h15. Je me rends au Centre d'information et d'orientation (CIO) du boulevard du Montparnasse deux heures après l'ouverture. Là, c'est le bordel calme. Devant l'adresse,<br /> 150 personnes environ sur la gauche se massent dans une queue approximative, tandis que 150 personnes ont opté pour le flanc droit.<br /> <br /> <br /> A vue de nez, il y a plus de candidats de trente à cinquante ans que de jeunes diplômés. Tout le monde est paisible, tout en s'étonnant tout de même, sans hausser le ton, de l'absence<br /> d'organisation.<br /> <br /> <br /> Le rideau de fer, baissé à mon arrivée, se relève. Je crois comprendre que l'on laisse passer un flux, puis qu'on baisse de nouveau le rideau, pour avoir le calme.<br /> <br /> <br /> Devant la porte, un agent de Pôle emploi parle sans micro aux personnes qui l'interpellent une à une. Les délégués syndicaux de SNIIPP-FSU et SE-Unsa sont à pied d'œuvre, banderoles pliées, dépliées puis<br /> repliées. Mais pour l'heure, ils papotent dans les bourrasques de poussière et de pollen. Deux équipes de télé patientent.<br /> <br /> <br /> On échange sourires et informations faméliques<br /> <br /> <br /> Je parviens à demander au gars de Pôle emploi où se trouve la queue : à gauche ou à droite ? Il me fait un moulinet du bras et me répond :<br /> <br /> <br /> <br /> &<br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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<br /> <br /> L'école victime du bling-bling<br /> <br /> <br /> Quelle peut être la place de l’école dans une société où le culte de l'argent et le relativisme culturel se substituent aux valeurs républicaines ? <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br /> La cohésion sociale, a fortiori l’intégration, supposent un partage des valeurs et un mécanisme d’insertion, qui passe, en premier lieu, par l’école. Ce mécanisme ne peut fonctionner<br /> que s’il est valorisé et sous-tendu par les aspirations de la société, d’abord de ses dirigeants. Jadis, une société, qui faisait de l’enseignant l’agent de la réussite et de<br /> l’acquisition des connaissances, la voie privilégiée de la promotion sociale, posait les fondements de l’intégration. Ce projet tend à perdre son sens collectif. Certes, les élites<br /> comptent plus que jamais sur l’éducation pour leur perpétuation. Mais, même si les dirigeants politiques continuent à discourir sur la place prééminente de l’école, ils ne la placent plus au<br /> cœur de leur projet, ou du moins ils ne la considèrent pas comme le moteur de l’intégration.<br /> <br /> <br /> Les valeurs mises en avant ne répondent plus à une ambition nationale affichée, mais à une juxtaposition des intérêts les plus divers, des groupes de pression les plus variés. La société<br /> française se fragmente et devient un assemblage disparate. Chaque groupe entend marquer son territoire au détriment de la collectivité. Chaque individu cherche à se positionner socialement. Les<br /> uns étalent leur puissance et leur richesse. D’autres se réclament de leur culture d’origine ou de celle de leur quartier. Le bling bling et le relativisme culturel, sinon le communautarisme,<br /> tendent à prendre la place de l’instituteur comme symbole de la République. La maxime stupide de Jacques Séguela : "Si on n'a pas de Rolex à 50 ans, on a raté sa vie" est<br /> devenue la formule choc, sinon la devise de la République.<br /> <br /> <br /> Un jeu de miroirs<br /> <br /> <br /> Avec des colorations différentes selon les milieux, cet état d’esprit innerve peu ou prou la société française. A la lecture des ouvrages qui lui ont été consacrés (Franz-Olivier Giesbert,<br /> M. le président, Flammarion, 2011; Nicolas Domenach et Maurice Szafran, Off, Fayard, 2011), on a le sentiment d’un étrange jeu de miroirs entre le président et les jeunes de banlieues<br /> sensibles. Sans même parler du langage qu’il utilise pour apostropher ceux qui le narguent, les aspirations présidentielles hautement proclamées sont-elles si différentes de celles de ces<br /> jeunes, même si elles s’expriment dans d’autres registres ? Eux aussi sont fascinés par tout ce qui suggère la réussite, sinon la revanche sociale, donne un sentiment de puissance et<br /> suscite l’envie. D’où la séduction qu’exerce sur eux l’argent, le clinquant, la notoriété. A défaut de passer à la télévision, ils tentent d’obtenir une reconnaissance locale et cherchent à<br /> démontrer leur force dans la rue, le métro ou la cage d’escalier.<br /> <br /> <br /> Dans ce contexte, la reconnaissance « culturelle » accordée par le système scolaire perd du sens. Le brouillage des valeurs induit une école invitée à s’adapter en<br /> tout à son public. Dans certains quartiers, les exigences communautaristes, prennent le pas sur la volonté d’inculquer à chaque enfant, quelles que soient son origine et ses croyances, les<br /> valeurs d’une société ouverte – c’est-à-dire sans dogmes imposés au nom d’une religion ou d’une idéologie - et un mode d’appréhension du monde d’inspiration rationaliste, sinon scientifique.<br /> <br /> <br /> La Gauche, qui s’est longtemps prévalue d’être le parti des instituteurs, n’a pas peu contribué à cette démission. Elle n’a pas compris qu’en confondant l’assimilation avec on ne sait quelle<br /> visée impérialiste, en prônant le relativisme culturel et le multiculturalisme, elle a rendu d’autant plus difficile l’intégration des jeunes d’origine étrangère que leur culture familiale est<br /> plus éloignée de celle de la société d’accueil.<br /> <br /> <br /> Certaines familles, sans partager à proprement parler cette culture, sont néanmoins porteuses de valeurs qui font de l’éducation une priorité absolue. L’exigence de réussir à et par<br /> l’école s’impose pour ainsi dire spontanément à leurs enfants. Dans d’autres cas, il revient à l’école de surmonter le décalage entre la culture familiale et celle de la société. Elle<br /> l’a fait dans le passé à une vaste échelle. Encore aurait-il fallu pour qu’elle continue de le faire que, de concession en concession, la société ne renonce pas à la conception d’une école<br /> chargée de former des citoyens, disposant des instruments intellectuels nécessaires pour maîtriser leur destin, plutôt que des individus repliés sur eux-mêmes ou leur communauté.<br /> <br /> <br /> L'image dépréciée de l'instituteur<br /> <br /> <br /> Dans bien des cas, l’enseignant n’est plus estimé en raison des valeurs qu’il représente et qu’il est chargé de transmettre. Il est, au contraire, perçu comme le représentant d’une institution<br /> anachronique et oppressive, étrangère aux nouveaux critères de réussite. Son autorité est remise en question. Il est parfois méprisé en raison de ses revenus relativement modestes, qui<br /> l’écartent de la course au bling bling, en supposant qu’il ait l’envie d’y participer. Certains enseignants en viennent à renoncer à transmettre des connaissances et s’abandonnent à la<br /> démagogie comme le triste héros souvent magnifié du film « Entre les murs ».<br /> <br /> <br /> Des parties des programmes scolaires sont récusées sous prétexte qu’elles sont contraires aux dogmes véhiculés par telle ou telle minorité. Des atteintes à la laïcité sont acceptées ici ou là.<br /> Les élèves qui répondent positivement au projet éducatif, à plus forte raison ceux qui tentent de s’intégrer, sont souvent désignés comme des « traîtres » à une sous-société<br /> communautarisée.<br /> <br /> La position de repli dans laquelle se trouve l’école républicaine a des sources diverses et nombreuses. Aucun parti, aucun gouvernement ne saurait en être tenu pour seul<br /> responsable. L’acte qui symbolise le mieux cette régression est sans doute le discours du Latran, prononcé par le Président de la République, en décembre 2007, dans lequel il a affirmé :<br /> «L’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal.» Il annonçait ainsi<br /> sa préférence pour les valeurs communautaristes transmises par les représentants des religions au détriment des valeurs universelles que les enseignants éprouvent de plus en plus de mal à<br /> transmettre, quand ils en ont encore le désir.<br /> <br /> Vu sur atlantico par :<br /> <br /> <br /> André Grjebine est directeur de recherche à Sciences Po, Centre d’Etudes et de Recherches Internationales.<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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